Le plus difficile pour un homme qui habite Vilvoorde et qui veut aller vivre à Hong-Kong, ce n’est pas d’aller à Hong-Kong, c’est de quitter Vilvoorde.

Jacques Brel

 

LE BUDGET

La somme nécessaire à un voyage varie beaucoup d’un globe trotteur à l’autre. Dans la plupart des cas, un tour du monde coûte entre 8.000 € et 12.000 € par an et par personne, à condition de voyager en ‘routard’. Une préparation sur un an représente donc une économie de 650 € à 1.000 € à réaliser chaque mois par personne, soit un peu plus de 27 € par jour.

Il nous aura fallu environ deux ans d’économies quotidiennes pour réunir cette somme. Nous avons du agir sur notre quotidien :

  • des fruits plutôt que des crèmes en dessert ;
  • des féculents et des légumes comme base alimentaire (adieu plats préparés, Nutella et stocks de sucreries, moins de viande, etc.) ;
  • n’acheter que le nécessaire en habillement et cosmétiques ;
  • moins de sorties (cinéma, restaurant, boisson lors des soirées, etc).

Et pour les fumeurs, le calcul est vite fait !

Objectif : limiter les dépenses inutiles ou superflues. Notre projet nous a obligé à revoir nos priorités, mais toutes ces économies ont été organisées de façon à ne pas (trop) nous donner le sentiment de nous priver. La frustration aurait été contre productive.

Il est important de ne pas négliger les dépenses avant le départ (équipement, vaccins, premiers visas, passeports, assurance assistance, premiers billets d’avion/ train), mais aussi les dépenses pendant le voyage telles que les impôts de l’année précédente dus dans le pays d’origine, les transports, la nourriture, le logement, les activités et les diverses taxes (entre autres d’entrée et sortie des territoires).

Nous avons choisi de ne pas recourir aux sponsors, mais de nombreuses solutions existent afin de réunir la somme nécessaire à un tour du monde. Il est également facile de voyager confortablement avec peu d’argent en poche en se servant des réseaux sociaux (couchsurfing, WWOOfing, etc.), et travailler en cours de route est tout à fait envisageable.

Important : Il ne faut jamais que l’argent soit un frein au voyage. Si nous partons avec 10.000 euros par personne, certains voyagent avec presque rien. A titre d’exemple, Ryan, du blog Le Sac à Dos, a fait un voyage de quatre mois en Asie avec 210 euros en poche. Les variations de budget permettent de voyager différemment, plus ou moins loin, mais un petit budget ne doit pas vous empêcher de partir.

QUITTER CE QUE L’ON A

Quitter notre quotidien, nos amis, nos familles, a représenté un obstacle non négligeable à notre départ, souvent inconscient. Cependant, une fois notre décision prise, les choses se sont éclaircies.

Pour l’emploi, les recruteurs apprécient les personnes qui prennent des risques pour réaliser leurs rêves et un voyage longue durée n’est que très rarement considéré comme un point négatif sur le CV. Dans de nombreuses entreprises, il est possible de prendre une année sabbatique ou de quitter son employeur en bons termes, par exemple grâce à une rupture conventionnelle.

Nous avons également relativisé la durée du voyage : un an ne représente pas grand chose par rapport au temps que nous allons passer à travailler ; cette durée devient même insignifiante si l’on considère l’espérance de vie moyenne d’un être humain. Autant en profiter tant que nous le pouvons !

Pour la famille et les amis, nous avons également relativisé notre temps d’absence. En outre, avec les nouvelles technologies, rien n’est vraiment loin désormais. Nous gardons contact par visioconférence (Skype) et notre site internet à pour objectif premier de permettre à nos proches de nous suivre dans notre périple.

Pour le reste, rien ne fut réellement compliqué une fois l’idée du voyage acceptée.

L’ORGANISATION

Nous avons décidé de voyager le plus librement possible : aucune réservation n’a été faite à l’avance. Nous nous sommes contentés de lister les pays nous intéressant, placer sur une carte les points incontournables de chacun de ces pays, et tracer grossièrement notre trajet. Voyager à deux sans planification préalable n’est pas un problème ; il serait dommage de nous trouver limités dans nos possibilités d’exploration en raison d’un timing trop serré !

Pour tracer le trajet, nous avons établi des fiches pour chaque pays détaillant les conditions de sécurité, les conditions d’entrée et de sortie du territoire, les frais, la météo, les incontournables touristiques et une liste de contacts connaissant le pays et pouvant nous renseigner et nous aider. La vraie préparation a consisté à aménager notre voyage de façon à éviter les périodes de mousson et autre dérangements météorologiques.

Nous avons également créé différentes listes pour le matériel : ‘habillement’, ‘matériel divers’, ‘trousse de toilette’ et ‘papiers importants’. Vous les trouverez ici, ainsi que le détail de notre ‘trousse à pharmacie’.

La préparation des dossiers pour l’obtention des visas fut plus compliquée que nous le pensions, chronophage, et nous a poussé à planifier notre voyage bien plus que nous le souhaitions. Par exemple, certains pays demandent des billets de retour ou de continuation du voyage, des justificatifs d’hôtels sur place, certains consulats / ambassades ne traitent pas les demandes par courrier, etc. Tous ces éléments nous ont surpris et parfois pris de court. Afin de faciliter nos demandes, nous avons eu recourt aux service de l’agence Action Visas et avons listé les consulats et ambassades présents dans les différents pays que nous traversons afin de ne pas devoir trop chercher pendant le voyage.

Enfin, nous avons dressé la liste des tâches à effectuer avant le départ, en ordre chronologique. Par exemple : faire les vaccinations, obtenir le permis de conduire international, le passeport, poser la démission, ou encore choisir notre assurance pour le voyage. Parmi les priorités figuraient un rendez-vous avec la banque afin de discuter – entre autre – des frais prélevés à l’étranger et de l’assurance offerte par notre carte bancaire. Nous avons également laissé nos papiers en ordre pour nos familles.

Partir faire un tour du monde ne demande pas tant d’organisation que ça. La clé de la réussite est la motivation, mais il faut aussi de la méthode, et surtout du temps. Nous avons refait nos sacs un nombre incalculable de fois, revu le trajet, découvert des problèmes de dernière minute… Deux ans de préparation n’ont pas été de trop !

Finalement, le plus difficile aura été de prendre la décision de partir.